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Lettre ouverte

COORDINATION DES SYNDICATS AUTONOMES

 Lettre ouverte à Son Excellence,

Monsieur le Président de la République.

Monsieur le Président,

A l’heure des grandes mutations qui agitent et bouleversent le monde, il devient impératif et vital de consolider les acquis capitalisés par le peuple Algérien tout au long de plusieurs décennies de lutte acharnée. Cette consolidation passe inévitablement par les constructions d’un front interne solides et fortes, capables de résister à l’ensemble des périls, susceptibles de menacer la stabilité du pays.

Or aujourd’hui, nous assistons à un effondrement programmé et dangereux de la cohésion sociale. Nous assistons à la tétanisation de la société. Celle-ci ne réagit plus, elle est bloquée; d’abord par un déficit démocratique réel, et ensuite par les pratiques d’une certaine caste politique qui étouffe les quelques espaces de liberté et les aspirations démocratiques par la peur et la menace.

Monsieur le Président,

S’inscrivant à contre courant de vos  orientations  appelant clairement à la construction d’un véritable dialogue social, nous assistons sur le terrain à un énorme recul des libertés syndicales et une dérive dangereuse dans l’exercice du droit syndical et une remise en question du droit de grève, pourtant garanti par la constitution de notre pays. L’ingérence dans le fonctionnement des organisations syndicales, les allégations de manipulation politique, le recours systématique à la justice pour interdire et étouffer les nombreux mouvements de contestations sont le quotidien amer des syndicats qui ne cessent de se battre tous les jours pour garder leur autonomie et leur fonctionnement démocratique malgré le black-out imposé par les médias audiovisuels publics.

Un pas dangereux vient d’être franchi récemment, avec la suspension arbitraire de Mr KEDDAD KHALED, Président du Syndicat National Algérien des psychologues, abusivement décidée par le Ministère de la Santé et promptement exécutée par la direction de la santé de la wilaya d’Alger, en violation des lois régissant l’activité syndicale dans notre pays. Ce nouvel épisode provocateur se veut un couronnement et une consécration de la politique prônée par des nostalgiques de la pensée unique et un avertissement clair et sans détour à tous les syndicalistes qui oseraient « hausser la voix », face à des « chefs » beaucoup trop réconfortés par la confiance que Votre Excellence a placé en eux. Jamais de l’histoire de l’Algérie démocratique une telle ligne n’a été transgressée, jamais les libertés syndicales n’ont été autant piétinées.

Votre Excellence,

Foncièrement assuré de votre volonté de raffermir la cohésion sociale, et de permettre à notre société de s’immuniser contre les risques de dislocation et de désintégration, et de votre souci de faire éviter à l’Algérie un traumatisme de trop, nous venons attirer votre attention et solliciter votre intervention, afin de mettre fin à ces agissements qui nuisent à l’image de notre pays et qui compromettent le parachèvement de la construction d’une l’Algérie démocratique conforme aux aspirations du peuple algérien.

Monsieur le Président,

Percevoir, analyser, et prévenir les facteurs d’instabilité sociale sont les véritables instruments qui garantiront la stabilité et le salut à notre pays. Dans cette optique, nous vous demandons Monsieur le Président, en votre qualité de premier Magistrat du pays, de prendre les mesures nécessaires afin de faire cesser cet acharnement contre tous les délégués syndicaux, de renforcer le champ des libertés syndicales et d’œuvrer à la promotion du mouvement syndical national afin qu’il puisse assumer ses responsabilités, loin de toute pression et de tout marchandage.

Veiller recevoir Monsieur le Président, l’expression de nos salutations les plus respectueuses.

Signé: SNPSP, SNPSSP, SNAPSY, SNPEPM, CNES; UNPEF, SNAPEST, SNECHU

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