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En deux mots

Merabet Lyes, à Algérie News-Week

(28 janvier au 03 février 2010)

 

«Etre médecin, c’est apprendre à faire grève»

 

M. Merabet Lyès, président du Syndicat national des praticiens de La santé publique estime que La grève du secteur de La santé a relancé aussi le débat public sur les insuffisances du système de   santé dans notre pays. il souligne que les praticiens de la santé publique maintiendront  la démarche protestataire jusqu’à obtenir gain de cause.

 

Quel bilan faites-vous de cette grève ?

Il ne peut être que positif considérant le prolongement de la protestation des praticiens qui maintiennent une mobilisation historique et une détermination exemplaire face au mépris, à l’arbitraire et à la provocation de l’administration de tutelle. La corporation en sortira          certainement grandie car, au bout de la douleur, c’est la dignité du praticien qui sera reconquise. Vue d’un autre angle, la grève des praticiens a relancé aussi le débat public sur les insuffisances du système de santé dans notre pays

Il est admis que les médecins sont considérés comme privilégiés. Est-cc un mythe ou une réalité?

Tout dépend du secteur d’activité et des spécialités médicales. Dans le secteur public, le statut social du médecin est régi à travers des dispositions statutaires qui délimitent les contours figés d’une carrière socioprofessionnelle qui ne confère aucun privilège pour un cursus universitaire des plus longs et des plus difficiles. Le mythe est entretenu socialement et ça reste consacré  dans la culture familiale algérienne l’accès au prestige à travers des enfants qu’on encourage à l’effort dans les études et qu’on pousse ensuite vers les études de médecine pour décrocher le titre. Nous notons une inversion de la tendance depuis ces dernières années et l’image fastidieuse du médecin notable s’est imposée une tout autre réalité; celle du médecin GREVISTE à récurrence, du médecin recruté dans le cadre précaire du pré emploi, celle du médecin CH0MEUR. Nous représentons aujourd’hui l’avenir concret de milliers d’écoliers et d’étudiants algériens en perpétuelle concurrence, qui se surpassent et se privent de tout pour décrocher un BAC avec mention pour pouvoir accéder aux études sacrées de médecine.

C’est quoi être médecin aujourd’hui en Algérie ?

C’est apprendre à faire la grève, s’exhiber banderole en mains et crier haut et fort  qu’on n’arrive plus à  vivre décemment Pour une garde de nuit passée dans une structure de santé publique à soigner) à secourir et à rassurer, e médecin est rétribué à hauteur de 680 DA ou 720 DA selon qu’il soit généraliste ou spécialiste. Etre médecin en Algérie, c’est commencer une carrière de fonctionnaire avec un salaire de 32 000 DA (lorsqu’on a la chance de décrocher un poste de titulaire) pour la terminer, 32 ans après, à 48 000 DA.

Si la tutelle ne répond pas à vos doléances, que comptez-vous faire pour l’avenir?

C’est l’avenir de tout un pays, de toute une société qui est en jeu et pas seulement celui de la protestation des praticiens Il faut revaloriser te statut social des cadres de la santé publique qui est intimement lié à la réussite des réformes en cours dans le secteur de la santé. L’amélioration des prestations offertes à la population en sera une conséquence directe.

Les praticiens de la santé publique maintiendront la démarche protestataire jusqu’à avoir gain de cause. La grève se poursuit dans sa forme ouverte: des rassemblements au niveau national et régional continueront à être organisés en coordination avec toutes les organisations syndicales du secteur de la santé et de la Fonction publique.  

Propos recueillis par Rona Meradci  Télécharger l'entretien.pdf

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