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L'hémorragie ... à quand ?

« Un médecin sur cinq en France est né à l'étranger » Les Echos, Le Monde, Le Parisien, Le Point Les Echos indique en effet qu’« en France, 1 médecin sur 5 est né à l’étranger, soit 54.000 professionnels. C’est le chiffre étonnant publié par le Conseil de l’Ordre des médecins, dans son observatoire des flux migratoires professionnels ». Le journal précise que « le nombre d’étrangers est réduit, car les trois-quarts sont Français, de naissance ou suite à une naturalisation. Sur les 54.000, un quart sont venus d’Algérie, et en ajoutant le Maroc et la Tunisie on parvient à 43,6% du total. Les ressortissants communautaires sont moins bien représentés, ne pesant qu’un quart de l’effectif ». Les Echos ajoute qu’« en excluant les retraités et ceux qui ne trouvent pas de travail, 40.354 de ces médecins nés à l’étranger exercent en France. Cet effectif a progressé de 10,4% en 7 ans. Selon une projection du Cnom, leur nombre devrait encore croître dans les prochaines années, pour atteindre 43.460 en 2020 ». Le quotidien explique ainsi que « le vieillissement de la population médicale et les pénuries localisées créent un appel d’air pour les migrants. Parmi ces médecins nés à l’étranger, plus de 4 sur 10 sont venus prêter main forte aux généralistes, qui ont du mal à trouver des remplaçants quand ils partent à la retraite. On trouve donc 17.550 médecins généralistes nés à l’étranger dans l’Hexagone ». « Il y a aussi 6.056 chirurgiens nés à l’étranger, soit un quart du total de chirurgiens qui opèrent en France aujourd’hui, et on en attend 1.000 de plus dans les 6 ans à venir. La plupart d’entre eux sont spécialisés dans l’ophtalmologie et la gynécologie-obstétrique, deux spécialités pour lesquelles on peine à recruter des praticiens », observe le journal. Les Echos continue : « Les psychiatres sont 2.721 en 2014, probablement 3.331 en 2020. Puis viennent les anesthésistes-réanimateurs : 2.686 aujourd’hui, 3.311 dans 6 ans. Et enfin, les radiologues : 1.948, puis 2.310 projetés ». Le quotidien souligne en outre que « l'afflux de professionnels nés à l’étranger s’explique aussi par le contexte géopolitique. Ainsi, l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en janvier 2007 a ouvert un nouveau canal d’immigration. Cette année, 840 médecins généralistes nés en Roumanie exercent dans l’Hexagone contre 176 il y a 7 ans ; et ils devraient être plus de 2.700 dans 6 ans. Contrairement aux Maghrébins, ces professionnels ont obtenu leur diplôme non pas en France mais dans leur pays d’origine ». Les Echos remarque ainsi que « de plus en plus, les médecins exerçant en France le feront avec un diplôme obtenu hors de France. Ils sont 22.568 cette année, et seront 10.000 de plus en 2020 ». Le Monde relaie également ces chiffres du Cnom, et retient que « près d’un quart des nouveaux médecins qui s’installent chaque année en France ont désormais un diplôme délivré par une université étrangère. Soit environ 1 700 par an. Un chiffre qui suscite des «interrogations» du côté de l’Ordre ». « «Pourquoi mettre un numerus clausus si celui-ci peut être détourné ? Est-on toujours dans le bon scénario ?», demande [Patrick Romestaing, vice-président du CNOM], en précisant toutefois qu’il ne faut pas «déréglementer» ce système mis en place en 1971 », relève le journal. Le Monde observe notamment que « les deux tiers de ces médecins diplômés à l’étranger sont salariés (62,4%) quand ce pourcentage n’est que de 43,6% pour les titulaires d’un diplôme français. En majorité, ils choisissent de s’installer dans les régions déjà considérées à forte densité médicale comme l’Ile-de-France (qui regroupe 29% d’entre eux), Rhône-Alpes, ou Provence-Alpes Côte-d'Azur. Ce qui fait dire à Patrick Romestaing que, «contrairement aux idées reçues, ces médecins ne répondent pas aux difficultés démographiques dans les territoires en tension» ». Le responsable estime ainsi que ces chiffres devraient « lancer le débat au niveau de l’Union européenne sur les conséquences de ces migrations [et] déboucher sur un débat éthique. En effet, certains pays se trouvent aujourd’hui en difficulté parce que leurs propres médecins quittent le pays pour venir en France ».

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